Jean Dallaire, fenêtre artistique sur rue
Sa carte de visite est déjà tout un poème. Un recto classique et un verso façon carte de fidélité où il est indiqué « pour 10 mosaïques achetées, un kebab offert ! ». Jean Dallaire a l’humour décalé et le sens de la formule. Né en 1969 dans le nord du Canada, il pose ses valises à Nancy en 1998. Cet artiste aux allures de dandy a choisi la mosaïque pour raconter ses histoires. « Je n’ai aucun talent particulier, je compense avec mes facultés cognitives », dit-il en souriant. Du talent, il en a pourtant à revendre. Ses tableaux, réalisés avec des émaux de Briare, font se côtoyer, dans des compositions très esthétiques, la mythologie, l’opéra, des papillons, des héros de cinéma…
Il joue de la pince coupante comme d’autres des pinceaux. « Je pars d’une idée et d’un emplacement. Ensuite je construis la mosaïque dans mon atelier avant de la placer. » Avec un souci du détail et du beau, il pose un cartouche à côté de ses oeuvres, pour laisser quelques indices façon cailloux blancs.
La première mosaïque installée à Nancy en mars 2021 se trouve dans la cour de la Manufacture. Elle est sobrement intitulée « Loïe Fuller », du nom de cette grande danseuse américaine. La dernière en date est à Malzéville, près de l’école Jules Ferry, où un grand papillon bleu cache dans ses ailes un banc de petits poissons. Sa technique s’est affinée et aujourd’hui il a délaissé « l’art sauvage » pour se consacrer à des oeuvres sur commande. Il vient tout juste de terminer une immense fresque qui illuminera la façade d’une maison dans les Vosges. Mais il offre aux curieux une dizaine de ses oeuvres exposées à ciel ouvert dans la métropole.
